Documentaire : Aventures de médecine – Premier pas de la pédiatrie

La pédiatrie est sans doute la spécialité médicale la plus délicate, mais aussi la plus porteuse d’espoir.

C’est dans cet univers chargé d’émotions que Michel Cymes nous plonge, en suivant le parcours d’un nouveau-né pris en charge en urgence à l’Hôpital Necker à Paris et celui d’une adolescente opérée d’une scoliose très déformante à la Timone à Marseille. Ces interventions de pointe sont l’aboutissement d’une histoire médicale très riche, qui, en quelques siècles, a vu chuter la mortalité infantile de façon vertigineuse. Grâce à quelles révolutions médicales ? Quels pionniers, quels risques fous ont-ils pris ? C’est ce que vous allez découvrir dans ce nouvel épisode d’Aventures de médecine.

Un fil rouge riche en émotion

La pédiatrie soigne les enfants de 0 à 18 ans et couvre un spectre qui va de la médecine de ville à la chirurgie de pointe. C’est sur cette dernière spécialité que nous avons décidé de nous concentrer.

Michel Cymes a suivi, en temps réel, les parcours médicaux de deux enfants confrontés à une malformation.

1) Marvin : un nouveau-né très fragile

Elodie et Benoît l’ont appris pendant la grossesse : leur petit Marvin souffre d’un Laparoschisis. Lors de son développement, son abdomen ne s’est pas fermé correctement et ses intestins sont restés en dehors. Dès qu’il sera sorti du ventre de sa mère, le risque infectieux sera énorme. Il devra donc être opéré, en urgence, dans les heures qui suivront sa naissance. Nous avons suivi ses parents avant la naissance, puis, le jour de la césarienne d’Elodie à l’hôpital Necker, dans les premières heures de la vie de Marvin. Nous avons assisté, avec Michel, à l’intervention et suivi les gestes délicats qui consiste à rentrer les intestins du nouveau-né dans son abdomen pour éviter tout risque infectieux.

2) Julia : une adolescente face à une chirurgie lourde

A 15 ans, Julia souffre de la malformation orthopédique la plus fréquente chez l’adolescent : la scoliose. Depuis la puberté, sa colonne vertébrale ne cesse de se tordre. Elle est aujourd’hui tellement déformée qu’elle fait souffrir la jeune fille, et qu’elle menace, à terme, de l’handicaper lourdement. Julia n’a plus le choix. Soutenue par Marie et Olivier, ses parents, elle a dû se résoudre à la chirurgie.

Nous l’avons accompagnée depuis les cimes alpines où la jeune fille a grandi jusqu’à l’hôpital de la Timone, à Marseille, où s’est déroulée l’opération. Une chirurgie impressionnante, et extrêmement délicate, puisqu’elle consiste à fixer des tiges en titane dans sa colonne vertébrale, à quelques millimètres à peine de sa moelle épinière. Un petit écart de trajectoire et c’est toute la motricité de la jeune fille qui est menacée.

Une plongée dans l’anatomie
Pour bien comprendre cette chirurgie complexe, des animations 3D viennent montrer ce que la caméra ne peut pas saisir.?

Des témoignages forts
Nous allons aussi donner la parole à des enfants et des familles qui ont traversé des épreuves médicales importantes. C’est le cas de Sarah, 10 ans, qui, après 5 années passées à se battre contre une leucémie apprend qu’elle est guérie.

L’ histoire d’une lutte acharnée contre la mortalité infantile
L’histoire de la pédiatrie, c’est celle d’un combat mené par une poignée de médecins, à travers le monde, qui ont refusé que la mort des jeunes enfants soit une fatalité.

Sauver les nourrissons
En première ligne, des obstétriciens français du 19ème siècle comme Stéphane Tarnier et Pierre Budin. Le premier inventa la couveuse, divisant ainsi par deux la mortalité des prématurés dans les premiers jours de vie. Le second rendit l’allaitement artificiel inoffensif alors que les microbes, dans les biberons, tuaient des centaines de nourrissons.?

La révolution du vaccin
Mais la lutte contre la mortalité infantile avait déjà commencé, au siècle précédent, avec un médecin de campagne anglais, Edward Jenner. Alors que la variole, la plus grande tueuse de l’histoire des épidémies, décimait sans pitié des milliers d’enfants en Europe, Jenner eût le premier l’idée d’immuniser les enfants sains en leur inoculant un virus animal très proche de la variole, mais inoffensif pour l’homme : la vaccine.
La « vaccination » venait de naître. Grâce à elle, la variole sera éradiquée, bien après la mort de Jenner, dans les années 1970. Aujourd’hui, l’OMS estime que les vaccins sauvent 2 à 3 millions de vies dans le monde chaque année.

Oser la chirurgie
Sur un corps aussi petit que celui d’un nouveau-né, rares furent les chirurgiens qui osèrent poser un scalpel. Pourtant ce fut grâce à un trio de médecins américains exceptionnels que l’on a pu venir à bout d’une maladie cardiaque complexe connue sous le nom de maladie des enfants bleus.

Dans les années 50, à Baltimore, Helen Taussig, Alfred Blalock et Vivien Thomas ont osé pour la première fois toucher au cœur d’un nourrisson condamné par cette maladie. La technique de dérivation des vaisseaux sanguins qu’ils ont osé tenter ce jour-là a depuis sauvé des milliers d’enfants.

La douleur apprivoisée
Aussi incroyable que cela puisse paraître, il a fallu attendre 1987 et les travaux du Dr Kanwaljeet J.S. Anand pour que le corps médical accepte l’idée que les nouveau-nés ressentent aussi la douleur ! Jusque là, on considérait que le système nerveux du fœtus et des nourrissons n’était pas assez développé pour qu’ils ressentent quoi que ce soit. Les actes médicaux et même chirurgicaux étaient donc pratiqués sans anesthésie. Le Dr Kanwaljeet J.S. Anand, qui réussit à prouver que les nouveau-nés souffrent et qu’une anesthésie permet de réduire le taux de mortalité durant la chirurgie, marque un tournant décisif vers ce qui nous semble aujourd’hui évident : la prise en charge de la douleur des nourrissons, l’importance du toucher et de l’attention qu’on leur porte.

Réalisé par : Bernard Faroux

Auteurs : Setti Dali, Emilie Lançon

Diffusé le 14 juin 2016 sur France 2

Pays : France

Genre : Documentaire

Durée : 1h50 min

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